Figure majeure de la country, mais aussi familière de l’univers rock, Dolly Parton, décédée hier, suscite une pluie d’hommages.
Paul McCartney, Elton John, Mick Jagger, Joan Jett ou encore Jack White ne sont pas les seuls à saluer la mémoire de l’icône américaine. Le grand public aussi!
Il y a des artistes qu’on écoute. Et puis il y a ceux qui reviennent, génération après génération, comme s’ils n’avaient jamais vraiment quitté la bande-son collective. Dolly Parton appartient clairement à la deuxième catégorie.
Ce 26 août, la chanteuse américaine connaît un spectaculaire regain d’intérêt sur Deezer. D’après les données communiquées par la plateforme, elle est devenue l’artiste la plus populaire au monde sur Deezer, et se classe deuxième en France. Son catalogue a enregistré, entre le 25 et le 26 août, une hausse de 282% des streams en France et de 101% dans le monde.
Et bien sûr, « Jolene » n’est jamais très loin
Dans cette remontée en flèche, un titre se détache : « Jolene ». Le classique de 1973 se hisse actuellement à la 4ᵉ place mondiale sur Deezer et à la 9ᵉ place en France.
Ce n’est pas vraiment une surprise. Avec son refrain obsédant, sa guitare tendue et son histoire de rivalité amoureuse racontée sans détour, « Jolene » possède ce genre d’efficacité qui traverse les décennies. Dolly Parton a sorti le morceau en 1973, sur l’album Jolene, publié en 1974. Le titre est devenu son deuxième numéro un country.
Et si tu viens du rock, tu connais probablement déjà ce phénomène : les grandes chansons n’ont pas besoin de rester enfermées dans leur genre d’origine. Elles circulent. Elles sont reprises, samplées, redécouvertes, placées dans des séries ou simplement retrouvées par une nouvelle génération.
Dolly Parton en est un cas d’école.
Une playlist française qui ressemble à une petite leçon de pop
En France, les cinq titres de Dolly Parton qui dominent actuellement les écoutes sont » Jolene « , » I Will Always Love You « , « 9 to 5 « , » Islands in the Stream » et » Here You Come Again « .
Autrement dit, son succès actuel ne repose pas sur un seul tube. C’est tout son catalogue qui remonte à la surface.
Et ce catalogue est particulièrement solide. « 9 to 5 », par exemple, est sorti en 1980 avec le film du même nom, dans lequel Dolly Parton partageait l’affiche avec Jane Fonda et Lily Tomlin. La chanson, écrite par Parton, est devenue l’un de ses plus gros succès et lui a valu deux Grammy Awards.
Quant à « I Will Always Love You », son histoire est encore plus folle. Parton l’a écrite en 1974 au moment de quitter professionnellement Porter Wagoner. Elle l’a ensuite enregistrée elle-même avant que Whitney Houston ne transforme la chanson en phénomène mondial avec The Bodyguard.
Ça dit quelque chose d’essentiel sur Dolly : derrière l’image ultra-reconnaissable, les strass et les perruques, il y a surtout une songwriter redoutablement efficace.
Dolly Parton avait déjà compris le crossover
Dolly Parton a rendu la country « pop ».
Dolly Parton n’a évidemment pas inventé le mélange entre country et pop. La country américaine entretient depuis longtemps des liens étroits avec la pop, le folk, le rock et la variété. Mais Parton a réussi quelque chose de plus rare : conserver une identité country très forte tout en construisant une carrière capable de toucher un public beaucoup plus large.
Son écriture y est pour beaucoup. Ses chansons racontent des histoires immédiatement lisibles : le désir, la jalousie, le travail, les ruptures, la pauvreté, l’ambition, la famille. Pas besoin d’un mode d’emploi.
Et cette capacité à raconter une histoire avec quelques accords et une mélodie mémorable, c’est aussi l’un des points de rencontre les plus évidents entre country, folk et rock.